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Les mots (maux?) du numérique - Le SNC publie son lexique

Pourquoi un lexique?

Quand j’ai commencé à dresser la liste de termes que le SNC utilisait, c’était d’abord pour assurer une certaine uniformité dans la traduction. Plus la liste s’allongeait, plus je constatais que la façon de nommer les choses du numérique variait énormément, allant de l’utilisation telle quelle des termes anglais (cousins Français, je vous salue!) à l’utilisation de termes qui ne rendaient pas justice au sens.

Le lexique est devenu un projet très personnel : Il y a sûrement moyen de moyenner… et de parler numérique dans un français correct et compréhensible. Je vous en ai déjà parlé, penser à l’utilisateur d’abord, c’est aussi dans les mots que nous choisissons. D’où l’importance de trouver un équilibre entre ce qui est prescrit par les dictionnaires (toujours en retard sur l’usage), ce qui est carrément absent des dictionnaires, la pratique dans le milieu, et l’usage de Monsieur ou Madame tout-le-monde.

Le lexique est devenu, pour l’équipe, un outil centralisant les résultats de recherches faites dans TermiumPlus, le Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF, des documents déjà (bien) traduits comme le Guide de la conception des services des Services numériques de l’Ontario et de conversation avec des terminologues du Bureau de la traduction, praticiens francophones du numérique (merci Raluca!) ou encore de grandes écoles universitaires. Il faut bien rendre à César ce qui appartient à César.

Le lexique n’est pas exhaustif; il renferme un peu de tout : * la réalité du SNC (fellow) * termes techniques qu’il a fallu chercher * termes plus génériques aux multiples traductions possibles (choix fait par souci d’uniformité) * termes de type “buzzwords” auxquels il a fallu réfléchir (fail fast).

Il reflète aussi une volonté d’arrêter de tourner autour du pot : agile, c’est agile (pas souple ou autre).

Finalement, lorsque je suis tombée sur de belles trouvailles (comme illectronisme pour parler du manque de littératie numérique ou encore identiqueter pour rendre tag), je les ai ajoutés. Il faut bien être précurseur dans la langue aussi. Merci aux internets :)

Mais, je vois des termes encore en anglais?

Connaissez-vous des employés d’Hydro-Québec qui portent leurs “grimpettes” avec fierté? Probablement pas. Pourquoi “courriel” est-t-il passé dans l’usage et pas “gaminet” (pour t-shirt)? Mystère… Par souci de clarté, dans certains cas, nous avons choisi de garder une formulation partiellement anglaise : back-end et front-end, par exemple (parce que le concept de “frontal” me faisait trop penser à un combo laveuse-sécheuse). Depuis, j’ai pensé à rendre l’idée par “avant-plan et arrière-plan”. Je laisserai mes collègues poursuivre la réflexion.

Tout ça pour dire qu’il a fallu s’adapter, et itérer (que de débats sur test d’utilisabilité, par exemple) même dans notre vocabulaire!

Je vous invite donc à consulter le lexique du SNC, à faire vos propres recherches et à innover, mais surtout à avoir une pensée toute particulière pour les utilisateurs francophones. Être inclusif, c’est aussi veiller à ce que le message soit clair pour tout le monde.