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C’est quoi au juste, un gestionnaire de produits?

Si vous tombez sur quelqu’un de très organisé, curieux, adaptatif, communicatif, empathique et passionné par l’élimination d’obstacles pour faire avancer les choses, vous venez de rencontrer soit un surhumain, soit un gestionnaire de produits.

Parfois confondus avec les gestionnaires de projets, les gestionnaires de produits sont une pièce importante du casse-tête lorsqu’il s’agit de prestation de services avec des équipes multidisciplinaires. Au SNC, nous sommes chanceux d’avoir une équipe de cinq gestionnaires de produits qui dirigent des équipes de chercheurs, de concepteurs et de développeurs pour créer des services gouvernementaux faciles à utiliser.

Pour mieux comprendre le rôle d’un gestionnaire de produits (GP) au gouvernement, nous nous sommes réunis avec eux et nous leur avons posé quelques questions.

En rafale : que fait un gestionnaire de produits, en une phrase?

Courtney : Oh mon Dieu, hum. Les gestionnaires de produits s’assurent que les bonnes choses sont créées au bon moment.

Dan : Nous aidons les équipes à se concentrer sur ce qui est le plus important (les personnes, les fonctionnaires, le logiciel actif) et sur la façon d’y arriver (stratégie, sprints, « agilité »).

Stevie-Ray : Un gestionnaire de produits s’assure que l’équipe de prestation est habilitée pour faire de son mieux, et il crée un espace de conflits constructifs tout en maintenant une vision unifiée du produit dans laquelle les personnes qui l’utilisent ou qui l’utiliseront sont valorisées.

Incroyable. Ce n’est pas une mince tâche. Que faites-vous quotidiennement pour arriver à tout accomplir?

Bryan : Généralement, mon quotidien est consacré à des tâches réactives comme répondre aux courriels, aux messages Slack et autres choses ponctuelles. À un niveau récurrent, j’ai différentes tâches que je relègue à différents moments dans le sprint.

Certaines de ces tâches consistent à :

  • passer quelques jours à préparer le backlog pour la planification du prochain sprint;
  • se préparer à la rétrospective, puis organiser et effectuer les mesures à prendre établies lors de la rétrospective;
  • rechercher les solutions existantes et découvrir comment nous nous y comparons;
  • effectuer des recherches pour comprendre les besoins des utilisateurs et s’assurer que nous sommes encore alignés avec ceux-ci;
  • s’assurer que notre feuille de route et nos personas sont à jour avec les nouveaux renseignements que nous obtenons au fur et à mesure que nous créons et recueillons plus de données.

Puis le reste de mon temps est rempli par des communications et des réunions avec les parties prenantes!

Courtney : OK, donc ma journée comprend des discussions avec beaucoup de personnes, quelques courriels, et de la rédaction (que ce soit des récits, de la documentation, des communications, des billets de blogue ou d’autres choses similaires).

Nous avons sans nul doute beaucoup de rôles. J’ai entendu des personnes dire qu’il était difficile de décrire ce qu’est le rôle d’un gestionnaire de produits, puisque cela englobe de nombreuses choses. On est presque un généraliste plutôt qu’un spécialiste en un seul domaine.

Clémentine : Ma journée me fait penser à Google Map qui augmente et réduit le zoom constamment, de manière à veiller à ce que tout le monde se dirige dans la même direction, par petits pas puis par grands virages.

Habituellement, tous les matins avant de commencer, j’essaie de me synchroniser avec le propriétaire de service pour nous entendre sur notre priorité et pour partager toute mise à jour et tout obstacle qui nous obligeraient à modifier nos plans. Puis, il y a la mêlée quotidienne avec l’équipe de prestation, où chacun fournit des mises à jour sur ses progrès et ses obstacles. Selon ce qui a été partagé, je me concentre à éliminer les obstacles potentiels qui empêcheraient l’équipe de focaliser sur les travaux nécessaires. Je m’assure que tout le monde travaille dans le même sens et possède le soutien nécessaire pour y arriver.

Par ailleurs, il faut aussi penser beaucoup plus loin et être stratégique pour s’assurer de créer un environnement sécuritaire où l’équipe peut travailler, où les partenaires peuvent collaborer et où le produit peut fonctionner et évoluer.

Sur quoi les personnes pourraient-elles se tromper en ce qui concerne la gestion de produits?

Courtney : Ce n’est pas de la gestion de projet. La gestion de projet concerne les jalons et les ressources, et à ce sujet, la question est : « Sommes-nous en bonne voie de réaliser cette chose au bon moment? » Cela fait aussi partie de la gestion de produits, mais c’est un peu plus orienté sur la gestion de la prestation ou sur le fait de réfléchir aux façons de faire pendant le sprint.

Mais être un gestionnaire de produits, c’est surtout être le porte-parole des utilisateurs et des parties prenantes qui viennent ici; est-ce que nous faisons la bonne chose au bon moment?

Aussi, après la livraison, le projet n’est pas terminé. Nous avons besoin de réaliser plus d’itérations et de tests, ce que l’on ne rencontre pas, en général, dans la gestion de projet.

Une autre chose est qu’on n’est pas le chef d’une équipe. Je ne suis pas une gestionnaire de personnes. Je suis seulement une personne dans cette équipe qui fait avancer quelque chose. Je ne suis pas un chef.

Dan : Je pense que les gens s’attendent à ce qu’un gestionnaire de produits ait beaucoup de réponses, alors qu’en fait, on aide à trouver les réponses. Cela veut dire que lorsque nous arrivons à un moment décisionnel, nous savons : vers quels membres de l’équipe se tourner, quoi prioriser selon ce qui est important dans la décision, ou (bien souvent) les décisions précédentes de l’équipe.

J’ai l’impression que les gens pensent souvent que les gestionnaires de produits discutent beaucoup et prennent beaucoup de décisions, alors qu’en fait ils écoutent, font de la recherche, répètent ce qui a été entendu, puis obtiennent un alignement.

Quelle est la meilleure partie de votre travail?

Clémentine : Toujours essayer de faire la bonne chose et être habilitée à le faire. C’est la meilleure chose. L’équipe est composée de personnes talentueuses, et tous les jours, je rencontre des personnes vraiment engagées. C’est vraiment inspirant.

Aussi, être capable de travailler dans un environnement positif! Accepter la possibilité d’échouer et d’apprendre les uns des autres est au cœur de notre travail, et cela forme une base parfaite pour des interactions profondes et intéressantes.

Dan : J’aime créer des choses, mais j’adore travailler aux côtés de personnes extraordinaires et passionnées qui aident les autres, que ce soit à travers les choses que nous construisons ou en essayant de trouver comment améliorer quelque chose. La partie excitante, c’est de voir les données arriver et de réfléchir ensuite à la façon d’agir et de tester ces données.

Stevie-Ray : Entendre que ce qu’on a créé a aidé quelqu’un, voir d’autres membres de l’équipe faire un travail très précieux (dans les bonnes conditions) et avoir une vue d’ensemble des pièces en mouvement d’un produit qui nous amène de A à B.

OK, maintenant une question difficile. Quelle est la partie la plus difficile de votre travail?

Courtney : Avoir l’impression que je devrais connaître la réponse à tout, alors que je ne l’ai pas. Il m’a fallu du temps pour me sentir à l’aise de ne pas connaître les réponses à tout. C’est très libérateur de dire « je ne connais pas la réponse, mais nous pouvons la trouver », et je pense que les autres personnes respectent cette réponse.

Dan : Je souhaite établir des liens avec beaucoup de personnes au SNC (et au-delà), mais je découvre que je manque de temps.

J’aime aider les personnes, mais certains jours j’ai l’impression qu’il n’y a pas assez de temps pour se préparer adéquatement et changer de contexte. Alors qu’on aide à faire une chose, on doit passer à une prochaine, et à une autre encore. À une certaine heure, on pense aux stratégies à long terme, et puis à la prochaine heure, on est de retour au cœur du sprint actuel ou même d’une tâche.

Stevie-Ray : Parfois, le gouvernement n’est pas prêt à entendre que le besoin d’un utilisateur est réel. Et il n’est pas prêt à le prioriser par rapport à ses autres préoccupations.

Le gouvernement a un effet significatif sur la vie des gens, et la possibilité que nous puissions causer du tort par nos interventions existe toujours. Cela fait du gouvernement un endroit où nous pouvons avoir un grand impact, mais aussi un endroit peu enclin aux risques. Nous avons besoin de faire preuve de prudence, mais les bonnes intentions politiques peuvent souvent agir comme obstacle aux travaux de petites envergures ou à « la bonne chose ». Cette couche de plus fait que créer un environnement favorable pour l’équipe est une tâche supplémentaire, laquelle est à la fois stimulante et vraiment gratifiante (quand on passe à travers).

Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui font actuellement ce type de travail ou qui voudraient faire ce type de travail?

Bryan : Agissez comme facilitateur pour aider l’équipe à travailler à leur plein potentiel. Chaque équipe travaille différemment, vous devez donc découvrir ce que vous pouvez offrir afin que votre équipe en profite le plus. Cela varie et change au fil du temps, au fur et à mesure que l’équipe évolue.

Si vous priorisez les besoins de votre équipe, vous accomplirez quelque chose de grand.

Clémentine : Communiquez honnêtement, réagissez avec humilité et restez curieux. Ne prétendez pas tout savoir puisque ce n’est pas possible. Reconnaître ce que l’on ne connaît pas est très important pour ce travail. Profitez très sérieusement de toutes les occasions d’apprendre. Le SNC est un endroit très ouvert, et beaucoup de personnes sont prêtes à discuter. Ainsi, soyez curieux et découvrez par vous-même ce qui est possible.

Stevie-Ray : Pour entrer dans l’espace de la gestion de produits du gouvernement, trouvez une équipe qui fait ce travail de manière multidisciplinaire et apprenez d’eux. J’ai passé plus d’un an à observer les gestionnaires de produits faire leur travail avant de commencer à assimiler quelques-uns des principes. Alors que je faisais cela, j’aurais aimé poser plus de questions et lire de la documentation pour créer ma propre trousse d’outils de gestionnaire de produits.

Aussi, soyons francs, le fait d’être agile est beaucoup mis de l’avant actuellement, et il y a beaucoup de formations qui ne se concentrent par sur votre contexte, votre travail ou vos problèmes. Essayez de trouver une formation qui encourage le principe de l’agilité dans votre contexte, au lieu du dogme de l’Agilité avec un grand « A ».