Produits À propos Blogue

Un regard sur l’écart [numérique] entre les genres: Conversation avec Vic Chan

Cet article a été publié sur la page LinkedIn du SNC en mai 2023. Consultez le billet original.

« Il arrive souvent que l’on sous-estime l’impact que la culture d’apprentissage peut avoir sur l’égalité des chances des personnes aux identités intersectionnelles. »

Vic Chan, responsable de l’équipe du site Web

Ce n’est qu’en tirant parti de diverses perspectives, expériences et compétences que le SNC pourra offrir des services publics de meilleure qualité, plus accessibles et plus inclusifs. C’est pourquoi nous nous efforçons de faire évoluer le SNC à l’image des gens qu’il sert ainsi que de créer un environnement où la diversité de perspectives et d’expériences est valorisée. 

Joignez-vous à nous dans cette conversation avec Victoria Chan, responsable de l’équipe du site Web du SNC. Vic nous parle des leçons tirées, de son expérience en tant que femme PANDC dans le secteur de la technologie et des avantages procurés par l’investissement dans le perfectionnement professionnel des employé·e·s.


Questions et réponses:

1. Parlez-nous un peu de votre cheminement.

Vic: « J’ai d’abord fait des études en journalisme. Après avoir terminé ma maîtrise à la Toronto Metropolitan University, j’ai travaillé quelques années comme rédactrice indépendante tout en travaillant comme adjointe de direction dans un hôtel. Mon quotidien consistait à travailler avec des systèmes hérités qui n’étaient pas conviviaux. C’est là que je suis devenue fascinée par la façon dont des services numériques comme Airbnb transformaient l’industrie de l’hôtellerie. Je ne connaissais rien à la technologie, mais je voulais découvrir son potentiel révolutionnaire. J’ai décidé alors de quitter mon emploi. 

Après ça, j’ai suivi une formation intensive de neuf semaines en développement Web au collège Juno. Je me suis vite rendu compte que je n’avais pas les compétences pour être développeuse à temps plein, mais l’expérience que cette formation m’a apportée m’a donné la confiance pour postuler au SNC.

Et cela fait quasiment quatre ans que je travaille ici, à distance depuis Toronto. Au début, je travaillais comme narratrice. Aujourd’hui, je dirige une équipe multidisciplinaire chargée de la refonte du site Web du SNC. »

2. À quoi ressemble une journée typique pour vous?

Vic: « En ce moment, l’équipe travaille essentiellement à la refonte intégrale du site Web. Mon quotidien consiste donc à réaliser toute tâche liée à la planification, la mise en relation, la collaboration et la livraison. Il peut s’agir, entre autres, d’organiser une séance de remue-méninges ou de trouver des formations qui contribuent au perfectionnement professionnel d’un·e membre de l’équipe. 

Je suis de l’avis que certain·e·s d’entre nous sont plus productif·ive·s le matin. J’essaie alors de m’attaquer aux tâches importantes et à la résolution de problèmes en début de journée. D’habitude, j’ai des réunions durant toute la journée et j’essaie de réserver les après-midi pour le travail créatif, comme l’idéation. Une chose qui m’a aidé à maintenir la structure et le déroulement des opérations lorsque je suis débordée ou que je remets les choses est la règle des deux minutes : si quelque chose prend moins de deux minutes, il faut s’en occuper tout de suite. »

3. Pouvez-vous nous parler de votre expérience en tant que femme PANDC dans un secteur dominé par les hommes?

Vic: « Au début de ma carrière, j’ai adopté la mentalité suivante : si quelqu’un prend une grosse part du gâteau, il en restera moins pour les autres. Cela a changé. En effet, j’ai eu le privilège d’apprendre de mentores féminins issues de plusieurs domaines (journalisme, hôtellerie, technologie civique), y compris des femmes de couleur, qui m’ont montré les ficelles du métier, m’ont appris à comprendre la dynamique du travail et m’ont aidée à faire entendre mes idées. 

Il arrive fréquemment que l’on sous-estime l’impact que la culture de l’apprentissage peut avoir sur l’égalité des chances pour les personnes aux identités intersectionnelles. Pour en avoir fait l’expérience directe, j’essaie d’intégrer le mentorat et l’encadrement dans mon rôle de gestionnaire et de collaboratrice, sachant qu’on a déjà fait pareil pour moi. 

Je pense que l’investissement en matière de perfectionnement du personnel, que ce soit en partageant des connaissances, en faisant une rétroaction ouverte ou en offrant des occasions de perfectionnement, est un moyen de mettre en pratique l’engagement d’une organisation en matière d’équité. Et si cela ne devient pas une priorité pour l’organisation, quelle qu’en soit la raison, il n’en reste pas moins que nous — ceux et celles qui détiennent le plus de pouvoir, de privilèges et de ressources au travail — ne pouvons pas créer notre propre espace pour pratiquer le mentorat et l’encadrement à titre individuel. »

4. Pouvez-vous nous parler d’un élément important qui a marqué votre expérience au SNC?

Vic: « Apprendre à maîtriser la tension créatrice. Nous avons l’importante mission d’aider le gouvernement du Canada à offrir de meilleurs services numériques à la population. Mon rôle consiste donc à garantir que les utilisateur·rice·s du site Web du SNC y trouvent ce dont ils ou elles ont besoin. Pour ce faire, je travaille en étroite collaboration avec des personnes issues de disciplines variées dans le but de créer des solutions qui intègrent différentes perspectives. 

Mes collègues apportent un degré de passion et de compétence qui est pour moi une leçon d’humilité, ainsi qu’une source d’énergie et aussi de frustration, mais qui est nécessaire pour faire changer les choses. J’ai fini donc par accepter que le désaccord, le conflit et l’inconfort ne sont pas toujours négatifs, mais font partie intégrante du processus créatif. »

5. Pouvez-vous aussi nous parler des défis?

Vic: « L’équipe du site Web est une petite équipe, composée de quatre personnes : une conceptrice de contenu, une conceptrice d’interaction, un développeur et moi-même (responsable d’équipe). Notre plus grand défi consiste alors à trouver le juste équilibre entre notre capacité limitée, la maintenance du site Web et la création d’une expérience permettant aux utilisateur·rice·s de trouver les informations recherchées. Nous avons appris à faire preuve d’ingéniosité et à faire de petits pas pour parvenir à de grands changements. 

Par exemple, l’année dernière, nous avons lancé la première version d’une barre de recherche pour l’ensemble du site. Notre équipe souhaitait améliorer cette fonctionnalité, mais nous n’avions pas la capacité de réaliser des tests et des analyses d’utilisabilité à grande échelle, et le fait que je sois partie en formation linguistique n’a pas aidé. L’équipe a donc commencé par de petits pas, en testant en interne avec des collègues pour avoir une rétroaction rapide et améliorer la convivialité de la barre de recherche, ouvrant ainsi la voie à des recherches ultérieures auprès de personnes externes. Notre conceptrice de contenu, Charlotte, et notre développeur, Omar, ont même écrit deux billets de blogue distincts sur comment créer avec l’intention d’apprendre et de s’améliorer avec notre barre de recherche Web et sur les étapes à suivre pour créer une barre de recherche sur un site Web. »


Outiller la prochaine génération 

Vic, et bien d’autres comme elle, travaillent sans relâche à surmonter les barrières systémiques, tout en dirigeant et en se présentant telles qu’elles sont. C’est justement en partageant des histoires et des expériences comme celles de Vic que nous espérons donner à une nouvelle génération de jeunes filles et de personnes non binaires les moyens de découvrir des carrières et des formations dans les domaines liés aux STIM.

C’est tout pour l’instant! Si vous avez aimé cet article, abonnez-vous à notre infolettre pour en savoir plus sur le travail réalisé au sein du GC pour améliorer les services offerts à la population canadienne.